Bonjour,
L’USDA publiait ce midi un des ses rapports le plus attendu et important de l’année avec les valeurs finales (on verra…) de la dernière récolte. Si nous étions dans des paris sportifs, je me demande la cote aurait été de combien contre un sur le scénario de ce midi. Ça aurait sûrement été une valeur à 2 chiffres contre un tellement la surprise est totale et à l’inverse des anticipations du marché. Pour vous donner une meilleure idée de l’ampleur de la surprise voici les valeurs du marché à la fermeture cet après-midi pour le maïs en jaune, le soya et le tourteau de soya en vert.

Pour le maïs, plusieurs analystes nous répétaient depuis longtemps que les rendements étaient surestimés anticipant ainsi une baisse de ces derniers. Et bien, oups, on augmente les rendements de 0.5 bu/acre pour un total de 186.5 bu/acre. Comme si ce n’était pas assez, la surface récoltée passe de 90 à 91.3 millions d’acres portant la production totale à un record de tous les temps et de loin à plus de 17 milliards de boisseaux. Pour essayer de balancer du côté de la demande, on ajoute un 100 millions de boisseaux supplémentaires dans l’alimentation animale. Comme discuté dans ma dernière chronique ce poste fourre-tout est probablement sur évalué de quelques centaines de millions de boisseaux qui pourraient venir un jour ou l’autre alourdir davantage le bilan final actuel à 2.227 milliards de boisseaux. À contre-courant, l’organisme revoit à la hausse sa prévisions de prix moyen payé à la ferme passant de 4.00 à 4.10 $US/bu, un peu bizarre dans le contexte actuel. Pour en ajouter une couche on fait passer les stocks mondiaux de 279 à 290 millions de tonnes dont on peut attribuer un 3 millions de tonnes aux américains et un 6 millions de tonnes aux chinois.
Pour le maïs local ça signifie que les valeurs de remplacement comme le maïs américain devrait continuer à mettre de la pression sur les prix locaux en limitant les hausses de prix. Vous aurez compris que les américains devront garder leur prix très compétitif pour écouler tous les surplus. Je ne l’ai pas mentionné précédemment mais les exportations sont prévus records cette année à 3.2 milliards de boisseaux. Présentement, le prix du maïs US dans le Golfe du Mexique (oh excusez-moi, le Golfe des Amériques😉) vaut 216 $US/T alors que son plus proche rival est l’Argentine à 221 $US/T. Un rapport somme toute positif pour les acheteurs de maïs avec un prix du maïs local qui devrait se maintenir au niveau actuel dans le pire scénario et descendre près des 300 $/T livré chez-vous dans le meilleur.

Dans le cas du soya américain, l’enjeu se situe au niveau des exportations alors que le marché chinois a donné quelques signes de vigueur mais pour combien de temps. Dans le bilan de ce midi les exportations sont prévues en baisse de 16% et ça pourrait se creuser davantage au fil des prochains mois. L’occupant de la Maison Blanche ne semble pas partie pour se faire de nouveaux amis à court terme ce qui pourrait continuer d’impacter négativement le marché d’exportation américain. Les stocks mondiaux de soya sont très confortables avec un total de 124.4 millions de tonnes. L’impact pour le complexe soya, des prix qui devraient demeurer sous la moyenne des dernières années surtout pour le tourteau alors que les américains devront triturer de plus en plus pour compenser les pertes de marché à l’internationale. Encore une fois une bonne nouvelle pour les acheteurs.

Pour terminer, les prévisions de production de viande de porcs du côté américain. Les nouvelles sont ici un peu moins positives alors que l’USDA fait des révisions à la hausse dans ses cibles de production. La production de 2025 qui vient de se terminer est revu en hausse à 27.5 milliards de livres, une valeur tout juste sous celles de 2024. Là où ça pourrait exercer une influence négative sur les marchés c’est la prévision pour 2026 qui est revue plus fortement en hausse si bien que la croissance prévue est maintenant de 2.8%. La demande devra donc demeurer au rendez-vous si on veut espérer des prix semblables à ceux de 2025. Dans son dernier Hogs and Pigs du mois de décembre, le cheptel reproducteur affichait toujours une baisse, on se demander d’où viendront tous ces porcs pour créer de la croissance. Je ne vous apprends rien en vous disant que si j’augmente le nombre de truie en janvier, la croissance des ventes à l’abattoir ne se fera sentir qu’en fin d’année et début de l’année suivante. Encore une fois, avec des données contradictoires comme celle-là nous devrons nous rabattre sur les chiffres d’abattage à la fin de chaque semaine pour confirmer s’il y a croissance ou non. Néanmoins, les perspectives pour 2026 demeurent positives à moins d’un imprévu politique ou encore un cas de PPA sur le sol américain.
Avec le prix des grains qui devrait vraisemblablement baisser ou au minimum se maintenir au niveau actuel et un prix du porc à quelque part entre celui de 2024 et 2025, les marges positives devraient être au rendez-vous.

Si vous avez des questions ou des commentaires n’hésitez surtout pas.
Merci et bonne fin de journée !
Eric Fournier, agr.
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